CHAMBON-sur-VOUEIZE

La Ville et son histoire

 

Une ville, une histoire...

A quel date apparaît le nom de Chambon-sur-Voueize ? C'est très difficile à préciser. En effet, après 1834, les actes de l'état civil portent encore Chambon-ville, mais aussi le plus souvent Chambon. Plusieurs numéros du journal local, l'Annonciateur de la Creuse, mentionnent déjà Chambon-sur-Voueize après 1850, mais avec une orthographe fluctuante sur les plans ou sur les cartes, et selon les époques... Par contre, le nom de Chambon-sur-Voueize, n'apparaît jamais dans le libellé des actes de l'état civil, ni dans les jugements du tribunal. Et c'est seulement le 30 décembre 1891, qu'un décret du président de la République Sadi Carnot stipule que : "la commune de Chambon, canton de Chambon, arrondissement de Boussac, département de la Creuse, portera à l'avenir le nom de Chambon-sur-Voueize".

Les armes de Chambon :

Il est également curieux de noter que les armes de la localité sont elles-mêmes issues de son non originel, par un hasard qui ne manque pas de surprendre et de faire parfois sourire. Le visiteur qui découvre les plaques indiquant le nom des rues ou des places, apposées en 1976, a la surprise de remarquer dans le coin supérieur gauche quatre champignons d'un vermillon éclatant et portant quelques points blancs qui rappellent curieusement le dessin de l'amanite tue-mouches. Ce sont les armoiries de Chambon : " D'argent à quatre champignons de gueules, posés deux et deux ". En réalité, le volume des blasons coloriés conservé à la Bibliothèque nationale où les armoiries attribuées à Chambon sont figurées, montre des champignons beaucoup moins rutilants, à l'allure de bolets, d'un grenat piqueté de petits tirets noirs et hachurés sous le drapeau.

Les Seigneurs :

Il paraît plus vraisemblable de supposer qu'au IXè siècle et peut être antérieurement, les seigneurs profitèrent du site aisément fortifiable pour élever leurs châteaux : fort de la Motte, sur la pente abrupte et ensoleillée, séparée du plateau au nord par un profond fossé, château de Leyrat sur un éperon dominant un méandre de la Voueize, franchissable par un gué, château Guillaume érigé au sommet d'une colline dominant la Tardes. Des chroniques rapportent que Charlemagne ayant divisé ses fiefs d'Aquitaine, le feudataire auquel fut dévolu le pays de Combraille se serait établi à Chambon, d'où la naissance d'une lignée de puissants seigneurs, curieux ensemble de brigands et de saints hommes, pompeusement appelés " princes de Chambon, seigneur de Combraille ".

Les Religieux :

Mais le site de Chambon attira aussi des religieux qui trouvèrent dans la vallée des espaces propices à la création d'une communauté, en raison de la conjonction de plusieurs facteurs favorables : une région assez retirée, entourée de bois et de précipices, au confluent de deux rivières franchissables par un gué, sur le passage d'une ancienne voie romaine. C'est le point de départ d'un établissement permanent, d'une communauté religieuse dont la puissance et le rayonnement ne cesseront de croître dans la région, mais c'est aussi autour du monastère que va naître et grandir le bourg de Chambon.

Lorsqu'on découvre la petite ville du haut des collines environnantes on est surpris par l'espace qu'occupe l'ensemble de l'abbatiale, ancien bâtiments conventuels et jardins voisins; visiblement le monastère et ses dépendances ont dû constituer dans la vallée aux deux rivières les premières installations, embryon d'un bourg monastique qui n'apparaîtra que bien plus tard et dépendra presque entièrement de la prévôté pendant plusieurs siècles. A quelle époque remonte la fondation de l'abbaye ? Faute d'archives, il faut encore une fois élaborer des suppositions. Sans doute, peut-on écarter les affirmations de Barailon et de Luchapt, reprises par Joullietton, qui évoquent la création d'une communauté de religieux désirant se retirer du monde et cherchant l'isolement propice à une retraite, dès le premier siècle de l'Eglise.

Il semble plus vraisemblable d'avancer que la fondation de l'abbaye remonte à l'époque carolingienne, sans doute vers 857, par l'abbé Abbon ou Abdon, deuxième abbé de Saint-Martial de Limoges de 850 à 861, abbaye nouvellement créée sous Charles le Chauve en 848 et dépendant des Bénédictins. Certains écrits prétendent que la prévôté aurait été fondée plus tard, vers 985, pour recevoir les reliques de sainte Valérie, mais cette hypothèse semble peu crédible. On reste néanmoins surpris par le choix d'un site aussi à l'écart, dans ce pays de hautes terres couvertes de landes et destiné à deleurer fort isolé. Mais ce choix peut s'expliquer par la survivance d'un réseau de communications antiques, lié à la mise en valeur des sources thermales d'Evaux; ce réseau de troisième importance qui reliait la chaussée d'Agrippa Clermont Limoges à la voie Clermont Bourges et quittait la première aux environs d'Ahun, franchissait le plateau de Combraille qui sépare la vallée de la Creuse et celle du Cher, rejoignant la seconde au nord de Néris.

On dit d'ailleurs que le monastère fut élev près du lieu présumé du franchissement de la voie romaine de la Vouize; mais il semble bien que la voie antique reliant Aigurande à Evaux, passait au nord de Chambon près de Longeville pour se diriger vers Le Châtelet.

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© Guy Bodequin 1/1/2004